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旅 Voyages

Matsue, la ville de Shimane que Lafcadio Hearn appréciait tout particulièrement…

“La Femme des neiges“, “Rokurokubi“, “Hoïchi sans oreilles“...
Tous les japonais ont entendu au moins une fois parler de ces "Kaidan", ces histoires de fantômes japonais.
Ces histoires ont été écrites par Koizumi Yakumo, de son vrai nom Lafcadio Hearn, un écrivain irlandais né en Grèce.
Il arrive au Japon en 1890, dans le cadre de son travail de journaliste pour un journal américain.
Une fois installé au Japon, il a écrit de nombreux ouvrages sur la culture japonaise et ses récits folkloriques.
Il a sillonné le Japon jusqu'à sa mort, 14 ans plus tard.
Et la ville qui a le plus marqué cet écrivain est la ville de Matsue du département de Shimane, ville que l’on surnomme le “petit Kyoto de la région de San'in“.

Voici ce qu’il écrit dans ses récits de voyage “Les visiteurs qui découvrent cet endroit ont l’impression de se retrouver plongés dans un monde féerique.
C’est un monde paisible, où tout se meut calmement et où les voix sont douces aux oreilles.
C’est un monde complètement différent, avec des paysages, des animaux et des cieux que je n’avais jamais vus auparavant.
Et moi, je me retrouve soudainement transporté dans ce monde.“

Lafcadio Hearn a donc utilisé le mot “féerique“ pour décrire Matsue...
À l’époque, la population de cette petite ville bucolique n’était pas très importante.
Alors, qu’est-ce qui a bien pu envoûter Yakumo à Matsue ?
Quel a donc été l’élément déclencheur de la rédaction de son œuvre “Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges“ ?

Yakumo avait 40 ans lorsqu’il découvrit cette ville.
C’était en août 1890.
Il arriva en bateau à vapeur, et débarqua au port situé près du pont Ohashi.
En plein cœur de la période de reformes de l’ère Meiji, le contraste offert par l’aspect tranquille de Matsue où l’histoire et les traditions se faisaient encore fortement sentir, lui a laissé une forte impression.

De père irlandais, il naît en Grèce, mais passe ensuite son enfance dans le pays d’origine de son père.
Les paysages de Matsue lui ont sans aucun doute rappelé les villes mystérieuses des contes de fées européens.

Tout en enseignant l’anglais dans un collège de Matsue, Yakumo consacrait tout son temps libre à parcourir les vestiges et les endroits célèbres de la ville.
Ce qui l’a tout particulièrement envoûté, ce sont les magnifiques paysages de la région de San’yo et les charmes typiques de Matsue, surnommée “la cité de l'eau“.

Il avait été émerveillé par le coucher de soleil sur le lac Shinji qui s’étend à l’ouest de la ville : “Les rayons du soleil sont doux comme un rêve.“
Et ce n’est pas tout...
Il aimait particulièrement un lieu situé sur le chemin qui sépare son domicile du collège, où il enseignait l’anglais.
Il s’agit du sanctuaire Jozan Inari, situé à 4 minutes à pied de son domicile.
Lafcadio Hearn avait l’habitude de s’y rendre tous les matins pour s’y recueillir.
La particularité de ce sanctuaire, est qu’on y vénère de nombreux renards, les messagers des dieux.
Il est probable qu’il ait été attiré par le charme mystérieux du Japon antique, en découvrant ces renards et ces amulettes.

En avançant un peu plus, on aperçoit un édifice que, dit-on, Lafcadio Hearn appréciait tout particulièrement.
Il s’agit du château de Matsue, bâti en 1611, un des 12 châteaux de tout le Japon à posséder une tour centrale.
Il est classé comme bien culturel important.
Cette figure qui décore la crête du toit est un poisson fantastique appelé “Shachihoko“.
Celui du château de Matsue est le plus grand du Japon.
Yakumo était en admiration devant la tour du château.
Voici ce qu’il en dit : “On dirait un dragon formé d'un empilement de monstres gigantesques.“

6 mois après son arrivée au Japon, il épouse Setsu, la fille d’un samouraï de Matsue.
C’est à l’occasion de ce mariage qu’il prit la nationalité japonaise et qu’il changea son nom en Koizumi Yakumo.
À l’âge de 40 ans, Lafcadio Hearn commence donc une nouvelle vie à Matsue.

À l’occasion de son mariage à l’âge de 40 ans, Lafcadio Hearn devient Koizumi Yakumo et commence une nouvelle existence.
La demeure où il a passé les premières années de son mariage est encore visible, en plein centre de Matsue.
C’est M. Koizumi Bon, arrière-petit-fils de Yakumo, et s’occupant de recherches sur son ancêtre, qui nous fait visiter.
La partie sud est constituée d’un jardin sec, dont il aimait beaucoup les motifs.
Mais il appréciait tout particulièrement la partie nord.
Il paraît qu’aussitôt rentré chez lui, il revêtait un yukata, le léger kimono d’été, et observait le jardin depuis la véranda.
Mais ce n’est pas tout.
M. Bon nous révèle quelque chose d’autre sur Yakumo.
Il aimait tellement le café qu’il en a présenté des recettes originales dans son ouvrage “La Cuisine créole“.
Il est possible de retrouver encore à l’heure actuelle, le café que Yakumo aimait tant.
M. Bon nous révèle encore une autre facette inattendue de Yakumo.
Yakumo aimait la pâte de haricot sucrée, qu’il est d’ailleurs encore possible de se procurer à Matsue.

Yakumo, qui mène une vie heureuse de jeune marié, se sent de plus en plus attiré par le caractère un peu mystérieux des Japonais.
C’est alors qu’il va effectuer un voyage qui va grandement l'influencer pour le reste de sa vie.
Ce ne sont pas moins de 7 heures de trajet en bateau et en pousse-pousse qui sont nécessaires pour se rendre à la ville d’Izumo.
En franchissant le “seidamari“, le grand portique de bois, puis en remontant l’allée d’accès bordée de pins vieux de plus de 400 ans, le pavillon principal, édifié en 1744, s’offre enfin aux regards.
Cet endroit est l’ancien sanctuaire Izumo-taisha, le point de rassemblement des dieux du Japon.
Le sanctuaire Izumo-taisha est vraiment très ancien. Il est même mentionné dans le Kojiki, le plus ancien recueil de mythes concernant l’origine des îles formant le Japon.

Littéralement tombé sous le charme du sanctuaire Izumo-taisha, empreint de foi et d’histoire, il s’y est par la suite rendu à trois reprises.
L’intérêt de Yakumo pour les légendes et les contes locaux ne cessait d’augmenter.
Yakumo ne lisait pas encore le japonais.
C’est alors sa femme Setsu qui recueillait pour lui les histoires de fantômes et les récits folkloriques.

Yakumo se passionnait tout particulièrement pour les contes folkloriques des régions du Japon.
Il écrit en particulier dans un de ses ouvrages “Pour moi qui ai été élevé en entendant divers récits folkloriques anglais et qui possède une forte imagination, il n’est pas étonnant que j’aie alors eu l’impression que ce lieu n’était autre que la matérialisation des pays féériques de mon enfance.
“En 1904, il publie “Kwaidan“, la compilation des mystérieux contes folkloriques et des traditions de tout le Japon.
Ironie du sort, c’est cette même année, à l’âge de 54 ans, que décède Koizumi Yakumo.
On peut raisonnablement affirmer que pour lui, cet ouvrage constituait le chef-d’œuvre de sa vie.
L’ambiance chargée de mystères de Matsue, qui a inspiré Koizumi, continue plus de 100 ans après à fasciner les visiteurs.

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