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番組紹介 Présentation de l’émission

品 Objets

Des objets traditionnels en bambou de Suruga, plébiscités par un hôtel de Dubaï.

Dans l'avenue Aoyama, une salle d’exposition d’objets artisanaux japonais.
De nombreux visiteurs étrangers viennent y admirer toute la virtuosité des artisans japonais.
Certains objets attirent tout particulièrement l'attention de ces visiteurs.
Les objets traditionnels en bambou de Suruga sont caractéristiques de cette beauté si délicate qui attire tant les étrangers.
Ces objets sont fabriqués avec des tiges de bambou de seulement 0,8 millimètre de diamètre.

Ils sont ainsi très résistants et ne se cassent pas facilement, ce qui leur confère une grande durée de vie.
Nous allons faire un test pour voir à quel point ils sont solides.
Nous avons demandé à un membre de notre équipe pesant 70kg de monter dessus.
Ça ne se tord même pas.
Cet objet est composé d’un simple cadre de bois et de tiges de bambou. Comment expliquer cette incroyable résistance ?
De plus, comment se fait-il que la jointure du cadre de bois soit invisible ? Comment ces objets sont-ils fabriqués ?

Ville de Shizuoka, département de Shizuoka.
Voici Takahashi Kazuo (77 ans).
Cela fait 62 ans qu’il est dans le métier.
Voici l’atelier de Monsieur Takahashi.
Cela ressemble à une simple maison au premier abord, mais en s’approchant, on y découvre une quantité impressionnante de bambou.
Cet endroit bien aéré permet de conserver le bambou sans en altérer la qualité.
Le point important de l’artisanat d’objets traditionnels en bambou de Suruga se trouve dans la forme des tiges de bambou.
La découpe est l’opération la plus cruciale lorsqu’on réalise des tiges de bambou…
Il convient d’utiliser uniquement la partie extérieure.
On comprend pourquoi en observant un bambou en coupe : il y a plus de trous vers l’extérieur de l’écorce, ce qui indique qu’elle est plus fibreuse à cet endroit.
Si on prend une tige obtenue à partir de l’extérieur d’un bambou, elle se plie facilement.
En revanche, il suffit de tordre légèrement une tige issue de l’intérieur d’un bambou pour qu’elle se casse aussitôt.
On utilise la partie la plus solide des bambous les plus résistants.
C’est là tout le secret de la solidité de ces objets.

On fait passer la tige dans les trous perces sur une plaque en fer pour lui donner une forme cylindrique.
Chaque tige est taillée à la main.
Ce dur labeur ne peut-il donc pas être fait par une machine ?
Au premier coup d’œil, difficile de distinguer la différence entre ces deux tiges. Pourtant...
Il suffit de tordre une tige faite à la main et une tige faite en machine pour se rendre compte de la différence de souplesse entre les deux.
M. Takahashi le dit lui-même : « Les machines coupent les fibres. Voilà pourquoi les tiges découpées par des machines n’ont aucune résistance. »
Comment obtenir la magnifique courbure des objets en bambou de Suruga ?
Il faut absolument chauffer la tige pour pouvoir l’arrondir. Par ailleurs, si on ne pose pas la tige correctement ou si on y met trop de force, le bambou est gâché.
La méthode doit aussi être adaptée selon la saison, le degré d’humidité et la variété du bambou utilisé. Il faut donc une grande expérience.

Les bords intérieurs et extérieurs se suivent parfaitement.
Le couvercle vient aussi s’emboîter impeccablement.
C’est cela, la qualité technique des objets artisanaux en bambou de Suruga.
5 à 10 ans de pratique sont nécessaires pour arriver à courber un bambou de façon uniforme et obtenir des angles aussi parfaits.
Cet artisanat de bambou est sans précédent au Japon, et son histoire est étroitement liée à celle d’une personne bien particulière.
Cette personne est Tokugawa Ieyasu, un grand shogun.
Ce shogun adorait la chasse à la buse.
Il voulait une cage qui ne blesse pas les ailes de ses rapaces, et c’est comme ça que tout a commence.
Par la suite, des cages en bambou de Suruga pour recueillir des grillons sont devenues à la mode.
Après la guerre, cet artisanat était très populaire comme souvenir parmi les étrangers.
Mais la relève n’est plus assurée…
Il ne reste actuellement plus que 7 artisans capables de telles prouesses.
Cet artisanat est en crise.

Mais les objets traditionnels en bambou de Suruga ont pu trouver un nouveau souffle dans un nouveau domaine.
Dubaï est la plus grande ville des Émirats arabes unis.
Le célèbre Ritz Carlton, un des plus prestigieux hôtels de la ville, s’est équipé d’un lustre en bambou de Suruga.
C’est Toshiyuki Tani, un designer de luminaires, qui l’a conçu et dessiné.
Qu’est-ce qui a séduit Toshiyuki Tani dans les objets artisanaux en bambou de Suruga ?
Toshiyuki Tani est tombé sous le charme de la délicatesse et de la solidité des objets en bambou.
Cependant, aucun designer avant lui n’avait poussé la complexité aussi loin.
Il fallait trouver quelqu’un pour relever le défi, et c’est Takahide Sugiyama, le plus jeune des sept artisans travaillant encore le bambou au Japon, qui s’est porté volontaire.

Monsieur Sugiyama est resté sans voix après que Toshiyuki Tani lui a expliqué les détails de son design.
En effet, il allait falloir faire deux fois plus de trous que d’habitude et à des angles inhabituels afin de faire jouer l’ombre et la lumière.
Et effectivement, le travail s’est révélé être d’une grande difficulté.
Percer des trous à la diagonale a été la plus ardue des tâches. La perceuse glissait, et M. Sugiyama a cassé de nombreuses mèches.
Il fallait percer des trous profonds pour assurer la résistance de l’ouvrage.
Mais il ne fallait pas percer trop loin, car les trous ne devaient surtout pas traverser le bambou de part en part.
La difficulté de l’entreprise saute aux yeux. Comme il n’y a pas de plan, tout dépend de l’expérience et de l’intuition de l’artisan. Les erreurs se sont d’ailleurs succédées.
Après environ 3 mois d’essais, de tâtonnements et d’innombrables échecs, voici le résultat.

Avec la coopération de l’hôtel Ritz Carlton Dubaï

La lumière s’échappe à travers les fines tiges de bambou.
Grâce au dynamisme et à la délicatesse propre à Suruga, ce lustre si particulier a pu voir le jour.
Les confections en bambou de Suruga ne se limitent plus aux objets traditionnels et connaissent un nouvel essor.
Quelles nouvelles créations verront le jour à l’avenir ?
Nous avons hâte de le découvrir.

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